Créer un album de musique, vous y pensez souvent ? Mais comment ça marche ?

Pour beaucoup d’entre vous, la musique est une véritable passion. Chanter, écrire, composer ses propres morceaux, faire des arrangements… Mais vous vous demandez souvent comment aller plus loin. Vous vous demandez si vous pouvez en vivre et lancer un album ? Par contre, vous n’avez pas la moindre idée de comment faire, encore moins de comment fonctionne ce milieu.

Je vous invite très souvent dans mon blog à vivre de vos rêves, à vous lancer. Et c’est, pour moi aussi, une véritable passion que de vous accompagner dans vos projets !

Pour vous aider à aller jusqu’au bout de votre idée de vous faire connaître en tant que chanteur/musicien ou groupe de musique, j’ai interrogé pour vous Grégory Turpin.

Grégory, ça fait 20 ans qu’il est dans le métier. Ses débuts dans les bars de Toulouse l’ont rapidement conduit vers le succès. Puis, après une période difficile, il entreprend un retour vers Dieu.

Depuis 2005, 7 albums à son actif, 1 comédie musicale, 1 disque de platine, des duos avec Natasha St-Pier, Grégoire, des millions de partages et des centaines de concerts. Aujourd’hui, il est produit par Universal Music.

Grégory, c’est surtout un artiste engagé :

Très impliqué auprès des jeunes dans l’Église (parrain des JMJ à Cracovie), il soutient aussi les chrétiens d’Irak (Fraternité en Irak) et les plus démunis à travers des associations comme : l’Ordre de Malte, Les projets Rosalie et l’Arche.
Son dernier album, « Changer de vie », c’est la proposition que Grégory vous fait dans cet article !

Quelles ont été les difficultés que tu as rencontrées ?

As-tu vécu des périodes de découragement et quels sont tes conseils pour les dépasser ?

Première difficulté : douter de sa crédibilité
Quand j’ai voulu écrire mes propres chansons et produire mon premier album, j’étais en pleine interrogation, je doutais de moi, ou plutôt des textes.

Mon premier désir étant de transmettre un message sur la foi chrétienne, je ne voulais pas me tromper de contenu. Alors je me suis posé la même question en boucle : Est-ce que mes chansons rejoignent les gens ?

En réalité, il faut disposer d’un bon outil de discernement avant de s’engager dans certains écrits, se remettre sans cesse en question, se mettre à la place des gens, se demander en quoi ses textes vont les gagner, leur parler.

Autre difficulté : les finances !
J’ai dû aussi investir toutes mes économies et faire un emprunt pour enregistrer et produire mon premier album « Testament ». J’y aborde des sujets sensibles de la vie comme la mort, l’amour, l’amour de Dieu et je raconte aussi ma propre existence dans le but de toucher les coeurs. Mais je n’avais aucune garantie que ça allait plaire aux gens, et lorsqu’on y met ses propres fonds, ce n’est pas très rassurant !

>>> Conseil n° 1 <<< L’album n’est pas un but mais un moyen.

Pour te faire connaître, le premier moyen, c’est faire de la scène !

Une difficulté récurrente : le découragement
Ça m’est arrivé quand j’ai réalisé des projets qui n’ont pas vraiment trouvé leur public.

J’ai alors connu la déception et supporter la critique n’est pas un exercice facile ni agréable ! Il faut dire aussi que quand tu commences à être connu, tu es davantage exposé. Les réseaux sociaux, les commentaires de tes fans qui te jugent pour la plupart, sur l’image, alors que ce n’est pas la réalité. Là encore, il faut se remettre en question.
J’ai aussi la chance d’avoir un cercle d’amis sur lequel je peux compter : ils sont là pour me remonter le moral, mais pas seulement. Ils vont m’apporter un regard objectif, ils sont capables de me dire la vérité et moi de l’entendre, parce qu’on se fait mutuellement confiance et parce que c’est dit dans l’amour et le respect. Grâce à eux, je m’ajuste, je prends de la distance soit avec la notoriété soit avec les critiques.

J’ai aussi le bonheur d’être accompagné par mon associé Pierre Chausse de Première Partie et un prêtre qui joue souvent le rôle de mentor. Je les remercie tous deux, ainsi que mes amis !

>>> Conseil n° 2 <<< Sois bien entouré !

Choisis les relations avec lesquelles tu partageras succès et défaite, éloges et critiques. C’est bon pour le moral et utile pour les remises en questions.
La persévérance est le bon moyen pour contrecarrer toutes les difficultés.
Il m’a fallu plus de 10 ans avant de connaître le succès ! Je ne dis pas que ce sera la même chose pour tout le monde, mais mon premier enregistrement musical date de 1997 et c’est seulement 8 ans après que j’ai sorti mon premier album.

Je réalise combien l’investissement personnel et économique peut être lourd quand on n’est pas apprécié à la hauteur de ses attentes. Certains prennent la démarche à l’envers : ils misent tout sur leur premier album alors qu’il y a d’autres moyens plus accessibles pour se faire connaître et aimer :

  • Le bouche-à-oreilles
  • Les réseaux Sociaux
  • Créer son site internet
  • Se faire soutenir par sa propre communauté
  • Faire des concerts

Il faut prendre conscience que la vente des CD est en chute libre et que ce moyen de vente est en voie de disparition. Chaque artiste aujourd’hui doit analyser ce qu’attend son public et comprendre les meilleurs moyens de communiquer avec lui. La qualité artistique est indispensable, mais pas suffisante. Il faut aussi comprendre son modèle et se former en marketing. Il faut avoir une vision pour son projet artistique, être prêt à s’engager dans la durée, à persévérer, à animer des rassemblements chrétiens, signe que notre église nous soutient. Et ne pas se lasser de faire passer Dieu dans son message. C’est le plus important à mes yeux.

Par la suite, tu seras surpris d’être contactés par des organisations chrétiennes pour participer à des projets de plus grande envergure.

Certes, les gens ne viendront peut-être pas pour toi dans un premier temps, mais il te faudra faire preuve de persévérance pour le transformer : un jour, ton nom sera reconnu, et au-delà : tes chansons qui apporteront de l’espoir, de l’amour et de la joie. Et n’oublie pas de te réjouir du succès des autres, ton tour viendra !

>>> Conseil n° 3 <<< Persévère !

Privilégie les rassemblements chrétiens pour te faire connaître plutôt que l’album qui coûte une fortune. Poursuis dans la qualité de ton message et de ta musique ; tu finiras par te faire remarquer.

Grégory, peux-tu nous raconter ton parcours ? Quelles ont été les rencontres et les opportunités déterminantes de ta carrière ?

La musique est essentielle pour moi depuis que je suis tout petit. Il est rapidement devenu évident que j’en ferai mon métier. À 12 ans, j’ai pris des cours de guitare et j’ai commencé à chanter vers 16 ans. C’était mon seul moyen d’expression, car j’étais alors d’une grande timidité. Trois années plus tard, je me suis lancé dans les bars de Toulouse où j’ai obtenu rapidement un certain succès dans le monde de la nuit. J’ai alors été repéré par des professionnels, et cela a contribué à développer ma confiance en mes talents de chanteur-compositeur.

Pourtant, intérieurement, j’étais soumis à d’importantes tensions. J’avais fait une rencontre très forte avec le Seigneur pendant mon adolescence et j’étais entré à 18 ans dans une communauté religieuse contemplative ; le Carmel. Là, la musique et le chant était vécus comme une célébration au Seigneur.
J’ai dû quitter le Carmel au bout d’un an et cette rupture m’a beaucoup blessé. Je me suis donc lancé dans la musique, mais cela n’avait pas réellement de sens. Je ne chantais que des reprises et je n’avais rien de propre à exprimer si ce n’est mon vide intérieur. Ce milieu de la musique peut être dangereux quand on est fragile. Je suis tombé dans la drogue, l’argent facile, le désespoir jusqu’à tenter de mettre fin à mes jours.

La musique, ou du moins, la manière dont je la vivais m’avait complètement éloigné de Dieu. Pourtant c’est aussi par elle que j’ai pu reconstruire ma relation à lui.

Un soir, j’ai reçu la force de quitter cette vie malsaine et c’est grâce à une chanson dans laquelle une prière de Sainte Thérèse de Lisieux était mise en musique.

Je me suis rendu compte, qu’il ne servait à rien de chercher à exercer un charisme musical et la notoriété qui va avec, si l’on n’est pas en vérité avec soi-même et si l’on n’a rien à dire.

Quelques années plus tard je suis revenu à la musique grâce aux encouragements d’amis chrétiens et  j’ai décidé d’utiliser mes chansons pour exprimer le message du Christ. Je ne fais pas de la louange, à proprement parler, j’exprime mon vécu et mon attachement à Dieu. Mais je n’étais pas particulièrement disposé à entamer une carrière professionnelle. Cela va en surprendre plus d’un, mais je n’ai pas répondu à un appel particulier de la part de Dieu. C’est plutôt grâce aux rencontres avec des professionnels, aux différentes opportunités qui se sont présentées que j’ai continué à avancer.

Quand on décide de se lancer dans la musique chrétienne, les premiers temps sont souvent marqués par de la naïveté et du manque de recul sur soi-même. L’avis que nous donne notre mère ne suffit pas ! Il faut vraiment se confronter à des professionnels de la musique.
Il ne faut pas perdre de vue qu’un artiste doit en permanence rechercher la qualité artistique. Parfois, dans le milieu chrétien, on met de côté cette exigence parce qu’on croit avoir reçu un “appel” :

On veut tout faire soi-même, faute de moyens et puis c’est pour Dieu, c’est le fond qui compte, pas la forme.

Or, c’est courir le risque de ne pas être pris au sérieux et de ne jamais percer : la qualité importe énormément. Beaucoup de gens pensent qu’avoir un appel pour chanter pour Dieu, c’est suffisant. Or, il faut beaucoup travailler pour perfectionner son talent et savoir s’entourer de professionnels. Il faut également bien se familiariser avec le fonctionnement du monde de la musique.

>>> Conseil n° 4 <<< Tu crois que tu as un appel :

Dieu t’a dit de chanter pour Lui et tu veux te lancer. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, mûris ta réflexion. Prends le temps et le recul nécessaires pour te renseigner sur le milieu de la musique, de faire des rencontres avec des professionnels, des artistes. Car chanter, ça ne s’improvise pas : c’est un métier. Il faut développer sa volonté et son talent artistique !

“Parler de sa foi, c’est un appel. Chanter, c’est un métier.”

As-tu un dernier message à faire passer, Grégory ?

Oui, un tout dernier mais à travers quelques questions, c’est à mon tour d’interroger, maintenant !…
Toi qui veux te lancer…

  • Pourquoi un album ?
  • Pourquoi faire de la musique et de la scène ?
  • Es-tu attiré par le succès et la célébrité ?
  • Quel est ton but final ?

Grégory a déjà répondu à ses questions, c’est à vous maintenant de réfléchir… d’après tous ses éléments de réponse, et d’autres qui s’ajouteront naturellement tout au long du cheminement de votre projet.

Avant de vous lancer, avant de vouloir vivre de votre rêve, n’oubliez pas : accrochez-vous et persévérez !