L

ibéré, délivré… du monde chrétien ? De l’extérieur, beaucoup voient une liste d’interdits qui emprisonnent, un isolement volontaire du monde… De fait, le croyant reste parfois perché dans son donjon, d’où il n’attire personne. Et si le chrétien libéré pouvait être magnétique ?

Annoncer sa foi à des amis, à notre entourage, au travail, à notre coiffeur, peut provoquer des réactions assez diverses ; méfiance, attitude sur la défensive, esquive du sujet, ou au contraire pluie de questions, par recherche personnelle ou simple curiosité. En tous les cas, la discussion se clôt bien souvent sur un tranchant « Je ne veux pas d’une vie coincée, j’ai plein de choses à expérimenter ! ».

Car être chrétien, pour beaucoup, ce sont des règles à respecter, des activités barbantes à suivre, des fruits défendus à ne pas toucher.

Et pour avoir fait le tour de pas mal d’églises, Protestante, Evangélique, Catholique, je comprends que ces personnes puissent s’arrêter à une image aussi ennuyante.

Gardons-nous du pharisianisme

Moi-même, depuis que je suis jeune, l’image du monde chrétien m’est parfois apparue comme peu attirante. Je ne veux juger la spiritualité de personne, mais je voyais des chrétiens « ringards », en train de s’isoler du monde et essayant à coup de versets et de prières de convertir leurs voisins… qui avaient bien souvent mieux à faire que s’enfermer le dimanche matin !

Je sais déjà ce que vous êtes en train de vous dire : être chrétien ce n’est pas être cool. Tout juste, ce n’est pas un but en soi ! Ce à quoi nous sommes appelés c’est d’abord à ressembler au Christ : chrétien veut dire petit Christ ! Mais justement, cet appel ne peut pas se résumer à des attitudes réglementaires, on ne devient pas un petit Christ en cochant des cases… et en faisant la gueule.

Je me souviens, dans les années 2000, de la venue d’un pasteur américain et de sa femme dans une église française. Après le culte, pour honorer l’invité, le pasteur avait organisé une « agape », autrement dit un repas avec l’église. A la grande surprise du pasteur américain, sur chaque table était posée une bonne bouteille de vin rouge ! Quel scandale ! Dans les milieux chrétiens américains, l’alcool était fortement interdit. En face, son homologue français songeait : comment l’épouse du pasteur américain pouvait-elle venir à l’église aussi apprêtée ? Quand lui enseignait aux femmes de s’habiller avec sobriété, elle faisait étalage de son maquillage, de ses bijoux et beaux vêtements.

Et chacun de ruminer dans son coin, persuadé que des versets bibliques bien précis pouvaient appuyer leurs convictions.

Quel dommage quand la foi s’arrête à un « je ne dois pas » au lieu d’un « je veux du fond cœur » ! Comme elle enferme lorsqu’elle dresse son catalogue d’interdits, son inventaire de frustrations obligatoires !

1- elle n’est alors pas attirante, 2- elle ne ressemble pas au Christ, toujours à la rencontre du monde.

Quand on regarde sa vie, on voit que Jésus faisait la fête à un mariage, mangeait avec toute sorte de gens, des riches menant des vies mauvaises, des prostituées, des religieux… oui, Jésus vivait au milieu de son monde, et ne laissait personne indifférent car il répondait aux besoins des gens. L’Amour seul l’animait, plutôt que le paraître ou la prescription.

La liberté évangélique

Pour l’imiter, l’Evangile invite à être dans le monde, sans être pour autant du monde (Jn 17). Là est l’équilibre : un chrétien libéré, à l’aise avec la culture du monde, sans en être ni accro, ni méfiant comme d’une chose sale, sera présent pour les autres et deviendra magnétique. Une foi ouverte sur ses contemporains, curieuse, qui libère ! 

La meilleure façon d’être libre, c’est simplement de laisser Jésus éclairer chaque situation. Choisir en liberté (sa vie pro, spi, affective, familiale…) c’est écouter le Christ plutôt que d’un côté la culture ambiante qui nous vend des remède immédiats mais avec effets secondaires, de l’autre les raideurs d’une religion légaliste.

Des conditionnements (éducation, peur des regards, soin d’être discret ou d’être vu…) peuvent conduire à une vie de foi qui ne nous ressemble pas : tiède pour ne pas déplaire au monde, conformiste pour ne pas froisser la communauté. Il n’y a qu’au fond du cœur, en dialogue permanent avec le Christ, que nous saurons sous quelle forme vivre une foi libérée : la nôtre. Jésus connait notre style, nos aspirations ; lui nous guide personnellement et sait où nous serons à l’aise.

Sa présence nous parle, nous challenge, nous guide, nous libère : de notre (sale) caractère, de nos addictions, de notre passé, de nos erreurs ! Il nous rend libres de suivre nos rêves, d’oser être nous-mêmes ! Ce n’est pas instantané, c’est un chemin. 

Comment être un chrétien libéré ?

Être un chrétien libéré suppose donc de conscientiser la présence de Jésus en soi, au quotidien. C’est ainsi que nous le laisserons nous libérer de ce qui nous bloque. Je veux vivre en prenant conscience de sa présence, et pas simplement lors de la messe ou du culte. Mais aussi quand je me lève, quand je mange, fais du sport, bois un verre avec mes amis, ou quand je dors ! Cette relation personnelle, avec, appelez le comme vous voulez, sauveur, mentor, guide, peut devenir un vrai lifestyle ; la liberté qui en découle est ce qui rend le chrétien magnétique, et en fait un témoin vivant que la solution marche ! Le meilleur ambassadeur d’un régime c’est notre ami qui a perdu 20 kilos !

Voici donc quelques pistes pour conscientiser sa présence : 

1 – Chaque jour, durant de bons moments, prendre conscience de ce que je ressens, de mes émotions, mes sens, la sensation du vent, du froid, l’eau qui coule sur mes mains… Cela permet de développer un sentiment de pleine présence. On fait tellement de chose machinalement, ont vit dans le passé, le futur, mais rarement dans le présent. 

2 – En tant que chrétien on a parfois du mal à assumer notre foi sur les réseaux sociaux, on ne sait pas trop comment en parler sans passer pour le télé évangéliste ou le chrétien old school ou TTS (très très spirituel). Et si on était juste nous-mêmes, partant du principe que si on vit pleinement sa présence nous pourrons parler de Jésus avec simplicité ! C’est pour ça que je me suis lancé le défi de commencer à utiliser le hashtag #yesHEis dans mes photos du quotidien, pour dire #yesHEis thereoui il est là alors que je bois un verre avec des amis, #yesHEis quand je suis en soirée, au travail, à la piscine avec mes enfants ! 

3 – Je suis devenu un grand fan des carnets, en particulier de la marque Moleskine. J’ai ainsi un cahier qui s’appelle Merci, j’essaie d’y noter des instants qui m’ont fait du bien. Ma femme est une pro de l’exercice ! C’est une manière d’ancrer dans ma mémoire un souvenir que j’ai pu partager avec Jésus et des proches, comme un tatouage qui me rappelle que la vie n’est pas qu’une succession de défis sans lien… mais une histoire !

La vie du chrétien n’est pas un long fleuve tranquille, un nirvana éternel, bien au contraire. Elle est faite de moments où la vie nous frappe fort, où on chute ; mais savoir que #yesHEis there, à nos côtés, c’est un immense réconfort, et cela nous donne la force de nous relever !

Finalement, voilà le meilleur témoignage du chrétien. Le meilleur moyen de convaincre que l’eau est bonne, c’est de se baigner… avec le sourire ! Il faut plonger, nager, pour inviter les gens à vous suivre !

La présence de Jésus dans notre vie, cela se voit, et elle ne peut faire qu’envie ! #yesHEis