Je passe une bonne partie de mon temps à encourager de futurs entrepreneurs à se lancer, à jeter leur sac à dos par dessus la barrière pour ne plus pouvoir reculer et être poussés à commencer à vivre de leur rêve.

Mais je crois qu’il n’y a rien de plus motivant que le témoignage d’un autre, qui a réussi en partant de rien, si ce n’est une envie, une idée.

Alors j’ai eu à coeur d’échanger avec Côme, amateur de bonnes bières et co-fondateur de Divine Box, avec sa soeur Astrid, qui a accepté de vous dévoiler sa source de motivation, ses défis et ses conseils pour faire le premier pas qui fait toute la différence !

Étape 1 : Avoir l’envie & l’idée

Côme : « Avec ma soeur, on a toujours été hyper complices, on s’est toujours dit qu’on devrait monter une boite ensemble mais on n’avait jamais d’idée (lors de nos discussions, on balançait toujours des idées de concepts pourris auxquels on ne croyait même pas). Alors quand la boîte d’Astrid a fait faillite, ça a été l’occasion rêvée de se lancer dans un vrai projet !

Nous sommes une famille de 4 enfants, et mon frère franchouillard (son bonheur réside exclusivement dans le vin, le pâté, la charcuterie et le fromage) n’a malheureusement pas accès à tout le bon terroir français dans son assiette à Barcelone, là où il habite. Et la tradition veut que, pour y remédier, maman lui prépare un panier de victuailles françaises quand il revient à Noël, tout pour qu’il soit heureux !

Dans la sélection : il y avait un pâté de l’abbaye de Bricquebec. On ne savait pas que les abbayes vendaient du pâté ! Lui l’a trouvé très bon, et avec ma soeur on a trouvé le concept marrant et sympa : pourquoi ne pas faire un apéro des abbaye ? On s’est renseignés un peu là dessus et on a remarqué qu’il y avait plein d’autres produits…

Le concept est assez simple : régaler les gens, tous les mois avec les meilleurs produits d’abbayes sous forme de « box » thématiques. Tout cela dans un vrai respect des produits et recettes anciennes. »

Etape 2 : Vérifier si cela répond à un réel besoin !

Côme : « On en a parlé autour de nous et personne ne connaissait ! Pourtant, c’est exactement le type de produit que les gens recherchent aujourd’hui : du sain, du bio, de l’authentique…

Et puis on s’est dit : « c’est dommage de se limiter à l’apéro ! » .

Au fur et à mesure, on est arrivés au concept suivant : un abonnement mensuel (engagement 3/6/12 mois) à une box de produits monastiques. La sélection change tous les mois autour d’un nouveau thème : chocolat, miel, fruits rouges, vigne, etc.
En prime : des petites surprises dans la box et un petit livret expliquant tout sur les produits, avec un focus spécial sur une abbaye par mois dont on retrace l’histoire, l’artisanat, l’état de la communauté aujourd’hui etc…

On a rapidement réalisé que les gens avaient besoin de tester le concept avant de s’engager. Il est donc possible maintenant de s’abonner 1 seul mois pour essayer. »

Etape 3 : On passe au concret

Définir le produit : On va voir les fournisseurs, on contacte les abbayes, pour savoir qui est disponible, sous quel volume, quels sont les contraintes et les tarifs, pour quels types de produits ?

$$ – La levée de fonds : On a levé plus de 7000 euros sur crédofunding (une plateforme de crowdfunding pour les projets chrétiens), ce qui n’est pas énorme mais qui permet de se lancer.

Communication : on a développé notre site sur wordpress, et réglé les formalités administratives (déposer sa marque, créer la boîte, etc.)

On fait du bruit : on entretien le projet avec la communication ! Un peu de presse et beaucoup de réseaux sociaux, sans parler du bouche à oreille, bien sûr.

Tes motivations qui peuvent aider et encourager un futur entrepreneur ?

Il y en a plusieurs :

La première c’est de se marrer : on visite les abbayes, et on goûte tout en amont : ce sont des produits absurdes et trop bons à la fois. C’est un boulot sympa avec des déplacements agréables pour lesquels nous sommes reçus comme des rois.

La deuxième : se former vite et se confronter au terrain. J’avais fait deux stages avant dont un qui n’a servi à rien. Alors que là en montant ma boîte, je vais me foirer et essuyer des échecs mais je vais apprendre beaucoup !

La troisième : avoir un boulot qui a un sens, un boulot qui serve quelque chose ou quelqu’un, financièrement ou idéologiquement. On aide les abbayes car on se fournit directement chez elles aux prix qu’elles nous proposent, sans négociation ou presque. On a aussi cette volonté de dépoussiérer les produits monastiques et remettre les abbayes au centre,  car ce monde est très peu connu en France.

Il y a aussi un gars qui m’a inspiré : un ancien de ma majeur (François de Fitte, fondateur de PopChef) qui est venu nous dire un jour une phrase qui restera gravée en moi :

« Mieux vaut se lancer vite que se lancer bien. » 

Au premier abord, ça m’a paru absurde. Il faut dire que je sors de deux ans de prépa où on m’a appris à ce que tout soit bien fait, tout propre et sans rature. C’était pas intuitif pour moi.

Mais avec son expérience, il avait raison : ce qu’on a fait de mieux c’est de se confronter au marché.

Et si c’était à refaire, tu changerais quoi ?

Au début, on se demande bien sûr : « est-ce qu’on va vendre ? ». Parce qu’au final, c’est aussi pour ça qu’on le fait ! Est-ce que ça va marcher ?

Une de nos erreurs a été de proposer des produits trop clivants. Par exemple, la confiture banane-chocolat n’a pas fait l’unanimité ! Il faut faire attention de ne pas prendre trop de risques sur le choix des produits. Original, oui, mais pas trop !

Quels seraient tes conseils pour ceux qui ont une idée en tête mais ne savent pas par où commencer ?

Pour reprendre François de Fitte : mieux vaut se lancer vite que se lancer bien !
Lance-toi et on s’en fou ! Les deux premiers mois, je trouvais même notre site horrible, à tel point que je n’en parlais pas trop à mes potes parce que j’avais honte… Mais en me lançant, j’ai appris à gérer des clients, des fournisseurs, gérer des envois…

Fais une première version, fait un google doc et livre tes plats en vélib si il faut… bien sûr, si tu n’as aucun client en 6 mois, pose toi les bonnes questions, mais ça peut marcher !

Alors, quand est-ce que tu te lances ?

Et si tu veux en savoir plus sur Côme, son parcours et son projet Divine Box, c’est par ici : https://divinebox.fr/