Je suis au milieu de 12 000 personnes en train de chanter de tout leur coeur. Le chant suivant commence… c’est le solo d’intro de Yahwé, quand tout à coup, plus de courant !… Plus de son, plus de projection mais la foule poursuit, elle connaît les paroles par coeur. Là je me suis dit qu’il se passait quelque chose d’unique. Il est assez rare que les compositions d’un album soient ensuite reprises dans les églises mais de là à être par coeur !

À l’occasion de la sortie de leur 2ème album Abba Père, j’ai été très heureux d’échanger avec Samuel Olivier, leader du groupe Collectif Cieux Ouverts. Leur premier album Éveille-toi mon âme, est sorti en 2014 avec des chants qui se chantent encore dans les églises de toutes sensibilités. Vous connaissez Yahwé, tu fais briller sur moi ton soleil ? Écouté plus de 1 000 000 de fois sur Youtube, il faut croire que l’impact est réel.  

Quand vous écoutez parler et chanter Samuel Olivier, on comprend vite qu’il est un homme généreux. Il partage la scène avec d’autres artistes qu’il invite à venir le rejoindre lors de concerts et même pour les enregistrements de ses albums. Animé par la volonté de créer l’unité au sein du groupe et des églises qu’il traverse, il fuit les projecteurs et l’auto-promotion. Aussi, j’ai été interpellé par son côté fédérateur que j’ai souhaité vous faire connaître. Samuel Olivier aime aller à la rencontre des autres, aime créer le contact avec les autres : des artistes, mais surtout et avant tout, des personnes qui aiment adorer Dieu.

Je lui ai demandé de retracer pour vous son parcours de leader de louange qui fédère d’autres leaders dans une même vision : partager l’amour du Père en rassemblant toutes les personnes de tous les horizons et de toute dénomination. Son désir est de conduire les gens dans une adoration pour le seul vrai Dieu, avec une louange prophétique, et pour vivre une rencontre d’exception avec Lui.

Comment as-tu attrapé le virus de la musique ?

Tout jeune, j’ai appris à faire du piano, puis à 15 ans, je faisais déjà mes débuts dans l’enregistrement sonore pour mon plaisir ! Je créais des chansons selon les états d’âme de l’ado que j’étais devenu. J’aimais vraiment faire ça ! Comme mon père était responsable louange dans notre église, j’ai été invité à rejoindre l’équipe.

Je me suis longtemps cherché, aucune activité ne me faisait réellement vibrer en dehors de la musique, plus précisément : l’enregistrement ! D’ailleurs, c’est toujours mon métier : ingénieur du son.

Ensuite, il y a une quinzaine d’années, je me suis impliqué dans une église,  l’Église Protestante Unie de Belleville, où j’ai fait partie du leadership de l’équipe de louange. C’est une communauté impliquée, ouverte aux autres dénominations, ce qui m’a beaucoup aidé pour instaurer cet esprit d’ouverture au sein du groupe par la suite.

Peux-tu nous dire quelques mots sur le groupe qui souhaite embraser le coeur des chrétiens pour leur Dieu ?

En réalité, avant de devenir un “groupe”, entre 2008 et 2014, j’étais responsable de la louange de l’EPU de Belleville. J’ai commencé à être invité dans des soirées de louange et aux conférences Embrase nos coeurs pour lesquelles je devais former une équipe. J’ai sollicité alors des amis musiciens et chanteurs de m’accompagner. J’ai proposé aussi aux musiciens du groupe de louange de l’église dans laquelle j’étais invité de rejoindre l’équipe que je constituais pour l’événement. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler avec Eliza Valbon. On nous a longtemps rattachés à ces conférences, nous appelant d’ailleurs du même nom, même quand elles se sont arrêtées, jusqu’au jour où on a décidé ensemble d’enregistrer notre premier album Éveille-toi mon âme, en 2014.

Alors notre choix s’est porté tout naturellement sur ce nom : Collectif Cieux Ouverts. “Collectif” car nous rassemblons des artistes de tous horizons, rencontrés lors de ces soirées louange. Musiciens, danseurs, techniciens, on travaille main dans la main pour des concerts mais aussi pour des projets d’album, dont certains font partie du premier album, et maintenant du deuxième. “Cieux Ouverts”, en souvenir de l’oeuvre de Jésus accomplie sur la croix,  qui nous ouvre l’accès auprès de Dieu.

On a volontairement adopté cette éthique collective car nous ne voulions pas monter un groupe figé, dans un cadre fermé, où nos auditeurs s’attachent aux personnes plutôt qu’au message. Nous avons préféré une structure ouverte où chacun peut, selon son expérience et sa sensibilité à l’Esprit de Dieu, conduire l’auditoire à toucher Dieu pendant la louange.

Notre intention première dans le groupe est unique et collective : on aime Jésus, on veut Le rencontrer et on veut vivre des relations les uns avec les autres. Du coup, on se voit régulièrement, on mélange les nouveaux avec les habitués et les liens se resserrent !

As-tu 2-3 conseils à donner à une personne qui a un projet trop important pour le réaliser seul, et qui ne sait pas vers qui se tourner, comment fédérer ?

(Rires) Non ! Aucun ! Sinon celui-ci, surtout celui-ci : se laisser conduire par l’Esprit ! Au risque de déplaire à tous ceux qui font marcher leurs relations ou leurs réseaux, je préfère dire que si Dieu n’est pas d’accord avec ton plan, tu as beau mettre toutes les “bonnes personnes” dans ton projet, cela ne marchera pas !

Après, je ne suis pas contre les personnes qui passent des coups de fil, qui vont chercher à se faire recommander, etc. Au contraire, c’est utile, les réseaux sociaux, Facebook… je les utilise, moi aussi… Mais je m’y prends un peu différemment.

  • Premièrement, je demande à Dieu : “Si tu veux que je fasse quelque chose, montre-moi laquelle ! Et j’attends qu’Il me réponde avant de répondre à une invitation, avant toute initiative, un concert ou un album.
  • Deuxièmement, je mets mon égo de côté. Je dois rester humble et à l’écoute de l’Esprit. Si Dieu veut m’utiliser, alors Il fera Sa part. Je Lui apporte mes 5 pains et mes 2 poissons, et Il fera le reste.

J’ai réalisé que Dieu n’est pas obligé de se servir de moi, qu’Il n’a pas besoin de moi. Alors pour cela, je dois être au bon endroit et au bon moment. Je ne peux pas le faire sans Lui, sans Sa collaboration. Dieu cherche des personnes qui ont un coeur, pas un égo. Alors je prie…

Et puis, je suis une personne relationnelle, j’aime les gens, j’aime les rencontres. J’aime me dire qu’on va partager ensemble, qu’on va vivre une histoire. Pour moi, l’humain est plus important que le projet, même un album à enregistrer.

Comment je m’y prends ? Pendant les soirées louanges où on est invité, j’ai toujours fonctionné comme ça : sur place, on propose spontanément à un musicien de nous rejoindre (batteur, bassiste, guitariste…). Après, en cours de la soirée, j’ai tout le loisir d’observer comment se comporte “notre musicien invité”. Quel est son coeur, son attitude, sa motivation, s’il est participatif, s’il a l’esprit de service. Tout cela est pour moi révélateur et cela m’incite par la suite à le recontacter et à lui faire confiance (ou pas !) pour d’autres projets, comme le concert Holy Spirit Night à Paris ou à enregistrer un album. Ensuite, on l’intègre à l’équipe, il fait connaissance avec les anciens, et c’est comme ça qu’on rajoute des artistes selon les événements, selon les albums, à chaque fois.

Pour moi, le plus important reste la personne et non le projet lui-même et pour créer une relation, il faut de l’interaction ! Enfin, ne pas oublier de valoriser l’autre afin de lui permettre de vivre avec l’équipe des expériences communes.

La personne est plus importante que le projet lui-même.

Allez, on a simplifié pour vous ! Voici 6 conseils de Samuel Olivier :

  • Demander la direction du Saint-Esprit
  • Écouter la voix de Dieu
  • Mettre son égo de côté
  • Aller chercher soi-même le contact
  • L’observer sans le juger
  • Créer une relation de confiance

Fédérer, pour Samuel Olivier, c’est primordial plutôt que naturel.

Ça me demande toujours un effort conscient de penser collectif plutôt que pour moi-même, pour le Royaume plutôt que pour mon petit royaume… Mais ça en vaut la peine…

Aller au contact des autres, pour qu’ils connectent avec l’amour du Père, c’est ce qui rend son appel si particulier et unique.