Si je suis authentique : je cherche à vivre heureux, épanoui, j’aimerais pouvoir me retourner à la fin de ma vie et me dire… « j’ai couru la bonne course ! »
Il y a un vrai combat en moi :
– D’une part, me donner à fond dans mon appel, entreprendre, créer, innover et mentorer
– Et puis de l’autre côté, vivre à fond mon rôle de père, voir mes enfants grandir, rendre heureuse ma femme, apprendre à l’aimer, l’écouter, la soutenir.
C’est une lutte de tous les jours ! Utiliser le vocabulaire du combat est peut-être un peu fort, mais c’est comme ça que je le vis. Certains jours c’est un défi que je gère bien, parfois cela devient oppressant et parfois je culpabilise. La dernière fois, Hélène m’a dit que Roman faisait des crises, il criait, se battait avec son frère, lui volait ses jouets et cela depuis plusieurs jours… et là je me dis que je n’étais pas assez présent. Du coup, j’ai essayé de revoir mon planning et là… c’est mon entreprise qui m’a rappelé à l’ordre… 

Quand on écoute le témoignages d’entrepreneurs, on entend souvent des histoires de couples détruits, de femmes peu épanouies ou d’hommes qui ne trouvent pas leurs places.

Au cours de mes 7 années de mariage,

nous avons vécu avec Hélène beaucoup de rebondissement professionnels. Au début Hélène avait un job de prof et moi j’étais freelance depuis quelques années déjà. Ensuite, nous avons été tous les 2 à fond dans la création d’une entreprisee , puis il y a eu Roman et Adelin, ensuite les Fabuleuses, qui n’ont fait que grandir, et enfin Prochaine station, notre entreprise de coaching…

J’aimerais vous partager ma petite expérience. Il ne s’agit pas d’un enseignement mais de leçons que j’ai tirées de mes erreurs et de mes réussites.

Je prends le temps d’écrire, de mettre des mots, tout d’abord parce que j’aime comprendre ce qui m’arrive, ce qui marche et ne marche pas, pour éviter de retomber dans le piège, et puis parce que c’est aussi la vision de notre famille Bonhomme : découvrir les mystères d’une vie heureuse et les partager largement.
D’ailleurs, c’est une magnifique transition avec le premier point :

1 – Définir un vision de famille

Entreprendre c’est gagner du terrain, créer, prendre le contrôle, prendre des risques. La question à se poser c’est « pourquoi je me lance dans cette aventure ? » :
  • est-ce que je veux prouver quelque chose à quelqu’un ?
  • est ce que je veux devenir quelqu’un ?
  • quelles sont mes motivations ?
Quand on connait ses motivations profondes on connait le carburant de son moteur et on contrôle mieux la situation.
Il y a quelques années j’ai atteint mes objectifs de jeunesse, je quittais aussi 10 ans de ma vie dans une église ou j’avais tout donné, j’étais dans une crise de vision… j’étais fatigué, comme blasé, à quoi bon ?
C’est là que j’ai pris conscience que je n’avais jamais défini de vision avec Hélène, chacun faisait son truc, on avait des aspirations mais on n’avait jamais défini un projet commun, on n’avais pas mis des mots dessus.
On a alors regardé à ce qui nous faisait vibrer, ce qui nous rendait vivants tous les deux, ce qu’on faisait naturellement. On s’est posé beaucoup de questions, que vous pouvez d’ailleurs retrouver dans ma formation 15 questions.
Cette vision nous aide quand on est découragés, fatigués, quand on s’énerve, quand il faut prendre des décisions de qui va faire quoi. On se répète cette phrase : découvrir les mystères d’une vie heureuse et les partager largement.

2 – Attention à vos ressources

Entreprendre demande beaucoup de ressources : du temps, de l’argent, des compétences, mais aussi de l’espace intérieur et de la maturité émotionnelle.
Quand vous avez un conjoint qui vous raconte ses défis, qui est fatigué, qui fait face à des challenges, toute l’énergie mentale de la famille est absorbée.
Même quand tout va bien c’est un défi (en tout cas pour moi) :
Je suis motivé, je deviens comme obnubilé par cette envie d’avancer, de brainstormer, je ne parle plus que de ça, je deviens une vraie scie(mon père me disait ça quand je voulais un tamagoshi à tout prix et que j’étais capable de casser l’ambiance de 2 semaines de vacances pour avoir ce que je voulais ).

Dans ces cas là, il faut qu’Hélène fasse de la place intérieure pour recevoir mes idées, qu’elle accepte de faire face à des interrogations sur le bien fondé de mes plans, qu’elle m’écoute… tout ça n’est pas évident.

Je suis reconnaissant de voir que dans notre couple, on y est allé par étapes.
D’abord, c’était un soutien à 100% dans mon projet, ensuite on était à 2 dans le soutien de Progressif, toujours à fond sur ma vision, puis ensuite Hélène a commencé à avancer sur sa vision.

Je recommande vraiment aux couples de faire attention à ne pas mettre toutes les ressources en danger. Essayez de garder une certaine stabilité, financière, émotionnelle.
À moins que vous ne soyez un joueur de poker, ne faites pas tapis en misant gros. Parfois ça fonctionne, mais c’est risqué !
L’option d’entreprendre à deux est à double tranchant, vous avez un projet commun, vous vous battez ensemble, et tant que ce n’est pas l’un contre l’autre ça va. De l’autre côté, vous avez besoin d’une très bonne complémentarité, et de ne pas avoir besoin de jouer des coudes pour trouver votre place.

Le plus compliqué serait que chacun entreprenne de son côté un projet différent. Chacun voudrait puiser l’énergie qui lui manque chez l’autre et là vous iriez au devant de gros problèmes.

C’est le premier exercice de ma formation gratuite Identifier le bon moment pour passer à l’action (même si le rêve semble fou). Vous allez pouvoir faire le point sur l’état actuel de vos ressources.

3 – Pas de passage en force

Chacun a sa manière de faire passer ses idées, soit en le faisant sans rien dire, mais un jour ou l’autre son conjoint le découvrira, soit en faisant pression, en utilisant son « autorité », en culpabilisant l’autre.

J’avoue qu’il m’est arrivé de faire certains passages en force, quand j’ai la conviction que ça va être bénéfique pour notre famille, généralement cela veut dire des heures de discussions, sur plusieurs semaines ou des mois… par exemple le recrutement de notre première assistante personnelle avec Hélène n’a pas été un moment évident.
J’étais convaincu par expérience que c’était la bonne chose à faire, un risque financier mais une occasion en or de nous permettre de passer un cap. C’était un risque, Hélène voyait tous les inconvénients, moi je voyais tous les avantages. Il a fallu des heures de discussions pour décider ensemble, d’un commun accord d’envoyer le premier appel à candidature.

Ce que j’appelle un passage en force, c’est quand on a une idée et que même si notre conjoint n’est pas d’accord on y va quand même.
Sur le court terme c’est libérateur, parce qu’on se sent libre, on fonce, mais généralement il y a un retour de pédale. Même si ce n’est pas conscient, la confiance est brisée, revenir en arrière est vraiment difficile.

Le manque de confiance va s’exprimer dans d’autres domaines, sur d’autres sujets : la racine a commencé à grandir quand nous avons planté la graine lors de notre passage en force. Commencer une entreprise quand son conjoint n’est pas d’accord est un gros risque. Mais en même temps ne pas écouter son coeur, son appel, c’est mourir à petit feu.

Dans ce genre de cas, je recommande vraiment aux deux personnes de vivre la phase de prise de décision non pas comme un combat, mais plutôt une phase de préparation. Lisez ensemble, formez vous ensemble, invitez à la maison des entrepreneurs, il faut qu’ensemble vous exploriez le pour et le contre. Je suis assez convaincu qu’il va s’agir d’un temps où vous allez identifier des blocages profond, peut être du non-pardon, un manque de communication sur certains sujets, c’est comme un pionnier qui creuse pour chercher un diamant, il fait face à plein d’obstacles.

Réussir à trouver un point d’accord est un challenge.

Peut être que vous avez essayé, que vous avez raté dans le passé et que votre conjoint en a beaucoup souffert ? Dans ce cas c’est à vous de regagner sa confiance.

La réussite d’une entreprise c’est 80% de psychologie et 20% de stratégie ( source : Tony Robbins ), du coup cette phase va vous permettre de travailler votre psychologie. N’essayez pas uniquement de changer l’autre, mais plutôt de vous changer vous-même.

Est-ce-que vous inspirez la confiance ? Est-ce-que vous êtes crédible ? Prêt ? Assez formé ?

Quand ça va aller mal, c’est votre conjoint qui va devoir en subir les conséquences, donc mieux vaut qu’il ou elle soit de votre côté.

4 – Trouver le bon dosage

Une famille, c’est un ensemble de ressources. Quand vous avez bien défini votre vision, vous êtes en mesure de bien gérer comment utiliser vos ressources.

Le plus dur, quand l’homme et la femme commencent à chercher leurs passions, c’est qu’il y a une phase de compétition, consciente ou non.

Chacun essaye de tirer la couverture de son côté.

Quand Hélène a commencé à faire ses premières tournées de conférence, j’étais heureux pour elle, mais en même temps elle ne pouvait plus faire plein de choses dans la maison… j’étais dans un vrai combat intérieur. Il y avait un nouvel équilibre à trouver. Une part de moi se sentait coupable de penser de cette manière, la vérité est que je voulais qu’elle puisse suivre son rêve, mais je voulais aussi que tout tourne autour de moi ! Dilemme…

Pour réussir l’aventure entrepreneuriale il faut savoir qu’on va dans le même sens, et même si il y a des saisons où on se « focus » sur le projet de l’un, c’est d’un commun accord. Pendant des années Hélène a tout donné pour mon projet, elle a sacrifié beaucoup, rien de plus normal que j’en fasse de même.

Je trouve que le plus dur c’est de réussir à trouver le bon équilibre, comme un chimiste qui cherche le bon dosage, entre entreprenariat, stabilité, famille, romance, sacrifice, épanouissement personnel, investissement pour les autres, jeux, défi….

Pour ceux qui seraient dans une saison de discernement, avec des grandes décisions à prendre en couple, je vous recommande de bien vous entourer, vous former, prendre du temps seuls pour méditer, faire taire les distractions.