J

’ai toujours été un élève moyen, toujours juste au-dessus de la moyenne. Malgré cela, j’ai senti l’appel du business dès la sortie de mon DUT en communication. J’avais quand même essayé de trouver un boulot de graphiste mais les trois entretiens téléphoniques m’avaient plus démotivé qu’autre chose. C’est alors que tout a commencé. 

Avec 8 ans de recul, la première chose que je peux dire c’est qu’être son propre patron n’est pas évident. Il faut avoir les nerfs bien accrochés, un mental solide et des ressources intérieures sur lesquelles puiser quand l’avion va s’écraser.

Il y a des jours je me dis que j’aurais d’abord trouver un job avant de me lancer, d’autres jours je me dis que c’était la meilleure chose à faire. Je vous propose les pour et contre de se lancer jeune :

Les avantages de commencer le business jeune

1 – Peu de dépenses

Quand on est jeune on a très peu de dépenses. Je vivais en collocation avec Thomas Ghys, nous mangions des pâtesà la bolognaise midi et soir, nos dépenses se limitaient à un ciné de temps en temps, rien de plus !

C’est un immense avantage, ça nous permet de monter progressivement dans le business sans prendre trop de risques. J’aimais me dire quand ça devenait chaud que dans le pire des cas je retournais vivre chez papa maman !Cette idée me permettait de prendre encore plus de risques, parce que je ne voulais en aucun cas redevenir un enfant, du coup je me donnais à fond.

2 – Énormément d’avantages

On ne s’en rend pas compte quand on est dedans, mais en dessous de 25 ans il y a de nombreux avantages : carte de train avec des énormes réductions, le cinéma, les abonnements de téléphone, des aides,etc. Tout ça cumulé permet de faire de grandes économies.

3 – Jeune = dynamique

Si vous êtes dans un secteur porteur et moderne, comme je l’étais (le web et la com), la jeunesse va être un avantage. Les gens verront en vous le futur SteveJobs, un génie en formation. Je me souviendrais toujours de mon premier rendez-vous client, alors que j’avais moins de 20 ans, il s’agissait du président d’un très grand organisme. Il m’avait invité à faire une balade pour me parler de ses défis en tant que directeur, de sa volonté de renouveler l’association et lui donner un coup de jeune. Le message était clair : tu incarnes l’avenir, je veux bosser avec toi.

4 – Bénéfice du doute

Mes premières années ont été laborieuses, je découvrais tout : comment faire une facture ? Faut-il faire un contrat ? un devis ? Comment demander l’argent ? Quel prix appliquer ? Quand on est jeune nos clients sont vraiment bienveillants, je pense que si j’avais eu 10 ans de plus on ne m’aurait jamais pris au sérieux si je faisais une faute d’orthographe dans un document pro. Il est plus facile d’apprendre en faisant.

5 – On trouve plus facilement un mentor

Arrivées à un certain niveau de réussite, certaines personnes éprouvent le besoin de transmettre à la future génération. Quand on commence jeune on a la chance de pouvoir plus facilement accéder à des mentors potentiels, ils voient en nous des pots d’argile en cours de construction, enseignables.

6 – Les erreurs ont peu de conséquences

Au début, nos erreurs n’impactent que nous, on apprend en faisant, on découvre ses talents, ses faiblesses, les projets à faire ou ne pas faire. Aujourd’hui, un mauvais choix impacte ma famille mais aussi toute mon équipe, les prestataires qui gravitent autour de moi, mes clients

Les désavantages de commencer le business jeune

1 – Grosse erreur

Avant de me lancer j’avais fait 2 stages en agence. La seule chose que j’avais retenue c’était le fait de faire ses réunions en achetant un bon petit-déj… autrement dit pas grand-chose. J’ai tout créer. J’ai perdu beaucoup de temps à essayer de comprendre comment fonctionne une agence, les projets qui marchent et ceux qu’il faut absolument éviter. Lorsqu’on passe par la case expérience professionnelle avant, on a un bagage de connaissances qu’on peut faire évoluer si besoin mais on ne perd pas de temps à tout imaginer.

2 – Pas d’argent

Ça, c’est le gros problème, j’ai commencé sans argent, 0 euro. Du coup chaque mois c’était la guerre ; on dit que le nerf de la guerre c’est la trésorerie, je confirme c’est un méga défi. Quand on est en mode « mort de faim » on prend des projets qui sont de vrais suicides, alors qu’à l’inverse quand on a une trésorerie on peut avoir une vision sur plusieurs mois.

3 – Caractère et émotion

Il faut savoir que l’entreprenariat est une école de formation de vie. On apprend à gérer ses finances, on rencontre tous types de personnes, dont des gens très impressionnants qui peuvent briser votre réputation ou la faire décoller en un clin d’œil. On découvre la concurrence, les critiques, le goût de l’échec. Cela met nos émotions et notre caractère en vrac, c’est beaucoup à la fois. Autrement dit, si psychologiquement vous vous sentez en formation, réfléchissez à deux fois.

4 – No life

On peut vite devenir un « no life », surtout si votre business vous passionne. Le risque est de passerà côté de très bonnes années de sa vie, c’est durant cette période qu’on fait de belles rencontres, qu’on repère l’amour de notre vie, qu’on se pose les grandes questions et qu’on prend les orientations qui vont dessiner notre vie. Donc si vous passez votre temps à bosser comme un pionnier enfermé au fond de la mine, ça va être dur.

Pour conclure, je vous encourage à faire une enquête autour de vous auprès de business men, d’entrepreneurs, de lire, regarder des vidéos. Un bon début serait de vous investir dans une association et proposer un projet en totale indépendance pour avoir un avant-goût de ce que c’est d’avoir la responsabilité d’un projet de A à Z.