Je suis à l’étranger, dans un salon, en train de boire un bon verre de whisky, avec un leader d’une cinquantaine d’années qui a prouvé plus d’une fois sa capacité à accomplir de grandes choses.
On est installé tranquillement dans un canapé très confortable. Le sujet de la discussion : un nouveau projet que ce leader souhaite lancer. Après une série de questions, la vérité éclate, le blocage est identifié : «  je ne me sens pas légitime. »Quel choc pour moi d’entendre ce leader, cet entrepreneur, cette personnalité dire ça ! La plupart du temps, ce sont des jeunes de moins de 25 ans qui m’expriment leur crainte, leur manque de confiance, leur peur de se prendre pour quelqu’un qu’ils ne sont pas !
Je réalise que peu importe notre parcours, notre âge, nos diplômes, notre histoire, nous allons tous passer par un moment où l’on se dit : mais qui suis-je pour me lancer là-dedans !?Il faut dire que le phénomène est assez français. Je me souviens du temps où j’étais dans une église avec un pasteur australien. Il me disait qu’il était frustré parce que personne ne venait lui proposer un projet, que personne n’était proactif en demandant de prendre des responsabilités.J’ai alors compris l’énorme différence culturelle : en Australie, on va voir son leader et on lui dit : j’aimerais prêcher, faire la louange, lancer un nouveau projet, une nouvelle entreprise, un nouveau budget… Le but est d’oser demander, et la réponse sera prise comme un conseil et pas un jugement sur notre valeur.

En France c’est l’inverse : on attend que notre leader décide pour nous. Ainsi, si les choses ne se passent pas bien, alors on pourra dire que c’est la responsabilité, que c’est lui qui s’est trompé, qu’il a mal discerné.

La plupart des leaders qui ont accompli de grandes choses n’ont pas attendu que quelqu’un décide pour eux. Ils ont osé sortir de la barque, marcher dans l’inconnu, suivre leur intuition.

J’aimerais vous partager 2 clés pour vaincre le sentiment d’illégitimité. 

1. Les bonnes motivations

La première chose, c’est de sonder ses motivations. Souvent, on a peur du regard des autres, car on a peur qu’ils découvrent la vérité… c’est-à-dire que même si l’on ne se l’avoue pas, on le fait pour être reconnus, impressionner nos amis, devenir quelqu’un. Quand vous vous lancez dans un projet, si vous le faites pour les bonnes raisons, alors peu importe ce que les gens pensent, vous sauvez des vies, vous réconciliez des couples, vous combattez la souffrance, et vous le faites non pas pour vous, mais pour les autres, même si cela passe par être mis sous les projecteurs.Quand j’ai lancé le site Leaders chrétiens, à l’âge de 25 ans, j’ai été dans le doute : « pour qui je me prends de parler de leadership alors que je suis si jeune ? » Mais au fond de moi, j’avais vu les 5 dernières années la souffrance auprès des leaders pour qui j’avais travaillé, et je voulais trouver une solution pour les aider. Alors oui, mon entourage a cru que je m’autoproclamais, mais au fond de moi je savais pourquoi je le faisais. Aujourd’hui, ce sont des milliers de leaders qui lisent les différents articles, beaucoup de témoignages de gens encouragés et des dizaines de projets qui se sont lancés.

Il faut passer de la parole à l’action puis au résultat. Accepter que tant que les fruits ne sont pas visibles, vous restiez l’ancien Vous à leurs yeux.

2. C’est normal !

La deuxième prise de conscience, c’est que tout le monde passe par ce processus. Quand on innove, on explore, on est sujet au doute, le regard des autres va forcément être différent. Il va y avoir une phase un peu bizarre, où les gens vont rester fixés sur l’ancienne personne que vous étiez, jusqu’a ce que votre nouveau rôle soit visible et que les fruits parlent d’eux-mêmes. Quand ce qui brûle en vous depuis des années va prendre vie, alors ils comprendront.

Cela fait partie du processus.Le pasteur de l’église qui a vécu la plus grande croissance des USA, Steven Furtick, de Elevation Church, qui est connue notamment pour son groupe Elevation Worship. Steven Furtick a écrit Unqualified, un livre sur son sentiment d’illégitimité. Si lui qui est arrivé si haut a combattu ce sentiment, alors on peut se dire qu’on y passe tous !

Dans Unqualified, Steven Furtick explique avec un regard biblique comment il est passé au travers des critiques, de la peur de décevoir et tout le reste du processus pour surmonter la peur de l’illégitimité. Son livre n’est pas disponible en français, mais vous pouvez découvrir son résumé en français dans la 3e semaine du programme La Salle, où chaque semaine j’envoie un contenu pour muscler votre leadership.

Un résumé créatif d’un livre de leadership, un podcast audio…

Ne laissez pas le mensonge de l’illégitimité vous laisser sur le banc des remplaçants !

Vous en êtes capable.