Il y a un changement profond entre la génération de mes parents et la mienne dans le rôle attendu d’un leader. Auparavant, un leader était un héros sans peur et sans reproche… Du moins semblait-il. Ce héros-là devait être fort, montrer l’exemple, frôler la perfection, devenir le repère pour tous ceux qui le suivaient. L’apôtre Paul a dit : « Suivez mon exemple comme je suis celui du Christ ». Ainsi semblait être faite la société. La vie personnelle devait être sous contrôle et rester parfaite en apparence, de crainte de révéler un leader imparfait et donc pas digne de confiance.

Alors, grande est notre surprise quand on découvre ce que peut parfois être la vie réelle d’un leader : divorce, alcoolisme, adultère, violence, mensonge, etc. Quel choc! En discutant avec plusieurs pasteurs, leaders j’ai pu constater que l’illusion d’une vie parfaite était un fardeau trop lourd à porter. On va jusqu’à recommander aux leaders de ne pas se faire des amis dans leurs équipes, au risque de se faire trahir, de ne pas être en mesure d’exercer leur leadership et de perdre leur pouvoir de discernement…

J’ai une excellente nouvelle !  Je crois que la société a changé. Ma génération ne cherche pas des super-héros, car on ne veut pas d’un superman. Trop loin de notre réalité, ceux-ci semblent venus d’une autre planète. On ne veut pas de super-pouvoirs ni du super-enseignements qui ignorent les faiblesses de chacun… On veut du vrai, de l’authentique, de l’humain ! On a besoin de trouver des leaders qui nous parlent en vérité de leurs challenges, de leurs combats. Un leader sera considéré dans notre esprit pour ses capacités à sortir des épreuves et pour ses facultés à enseigner ce qu’il a appris. Nous avons besoin de leaders proches de nous.

Quand je lis ma Bible, je vois les histoires d’êtres humains comme moi, qui galèrent, s’énervent, pleurent, parfois masquent la vérité, dépriment et manquent de foi ! Voilà ce qui rend ce livre tellement puissant, Jésus est allé chercher des gens ordinaires, des pécheurs de poissons, des collecteurs de taxes, des faibles comme vous et moi et non des invulnérables.

Paul nous parle «d’une épine dans sa chair qui ne le quitte pas». Il laisse place à toutes les interprétations possibles sur la nature de cette épine : épine physique ? psychique ? ou sexuelle ?

Paul avoue être le plus grand des pêcheurs, mais c’est exactement pour ces pêcheurs là que Dieu s’est fait homme !

Alors qu’internet ainsi que les réseaux sociaux nous donnent la possibilité de nous exposer de plus en plus, apprenons à maîtriser notre communication en tant que leader, mais n’oublions pas que l’influence que Dieu nous donne peut être enrichie par nos échecs et la capacité que Dieu nous donne à les surmonter.

N’attendez pas d’être face au mur pour ouvrir votre cœur et offrir votre vraie nature. Bien sûr, quand on est authentique, la critique fait encore plus mal, mais l’impact reste encore plus fort ! Pour ma part et en tant que jeune adulte, je ne supporte plus les messages tout lisses, trop spirituels, trop froids…